Encore une fois et comme c’est le cas dans beaucoup de domaines se touchant à la médecine équine, de nombreux préjugés ont la vie dure.

Nous imposons souvent  à nos chevaux un mode de vie assez extraordinaire. Voilà en quelques mots comment l’on peut résumer quelques erreurs:

-Nous sélectionnons les adultes que nous estimons les meilleurs à la reproduction.

-Lorsque la jument attend son petit, nous l’isolons et lui évitons tout mouvement afin d’éviter tout risque de blessure.

-Rapidement, nous sevrons le petit à une date précise ne correspondant à rien d’un point de vue biologique.

-Nous mettons une selle, un filet et bien sûr des fers afin de commencer le dressage du jeune cheval.

-Nous lui imposons au minimum 21 ou 22 heures de box par jour où il sera nourri par deux ou trois repas  énergétiques avec très peu de fourrage et peu de diversité.

-Tout au long de sa vie, le cheval sera isolé du milieu extérieur et de ses congénères.

-Dès son plus jeune âge, nous imposons au cheval un protocole de vermifugation.

 Intéressons nous à ce dernier point.

 Nous partons du principe que le cheval a besoin de l’homme pour survivre.

 Cette attitude consite à nous rassurer, car la réalité est en totale contradiction.

 A l’image que je ne pare pas les chevaux vivant au box, je ne peux parler de santé et de parasites  sur des chevaux vivant à l’opposé de leur besoin.

Un cheval stressé voir dépressif aura une immunité faible. Son organisme ne sera donc pas en mesure de lutter de façon cohérente contre les divers parasites du milieu extérieur.

Pendant long temps, nous avons considéré les parasites comme nuisibles au cheval.

 En réalité, c’est la sur abondance d’une espèce de parasite qui peut être nuisible.

 Le cheval peut tout à fait tolérer une certaine quantitié parasitaire dans son organisme ce qui est de toute façon inévitable, mais on estime qu’une charge parasitaire minimale serait indispensable à son bon fonctionnement.

 L’on va donc commencer à parler d’équilibre parasitaire.

C’est-à-dire que la charge niveau parasite va diminuer ou augmenter chez le cheval selon la saison sans en affecter sa santé.

 L’immunité du cheval permet de réguler la quantité de parasites présents.

Cette immunité est dite de contact. C’est-à-dire qu’elle se développe grâce au contact permanent entre le cheval et le monde parasitaire.

 Le jeune cheval, sevré très tôt, souvent mis dans un autre groupe de jeunes n’ayant eu-même développé aucune immunité, souvent nourrit de façon incohérente, n’aura donc aucune arme pour lutter contre les parasites présents dans le milieu extérieur.

Dans le milieu sauvage, les chevaux savent rechercher des plantes permettant à leur organisme d’éliminer une quantité de parasites. Au lieu de rechercher des produits hautement énergétique, nous devrions commencer à rechercher ces plantes. C’est le principe des vermifuges naturels.

 Pour palier à ces manques, nous utilisons donc des protocoles de vermifugation.

 Il n’est pas à exclure l’utilisation de ces produits à partir du moment ou l’homme intervient dans la vie du cheval. Il ne s’agit pas de laisser le cheval sur parasité, mais bien d’éviter le sur parasitisme qui n’a pas lieu d’être.

Le cheval est un herbivore. En conséquence son organisme est adapté à la digestion du monde végétale. L’utilisation de certaines plantes n’aura donc aucun effet toxique sur le cheval. Il faut bien sûr savoir sélectionner la plante et la quantité à donner.

La diversité alimentaire aura donc un grand rôle. La combinaison de diverses plantes va aider l’organisme à lutter contre une surcharge parasitaire. Une alimentation à base de fourrage va permettre un bon fonctionnement du métabolisme tout au long de la journée. On peut donc supposer que le ph de l’organisme sera stabilisé à son meilleur niveau et que la flore symbiote du cheval pourra pleinement jouer son rôle.

 Maintenant quand est-il des vermifuges de synthèse.

Les laboratoires ont mis au point des molécules destinées à tuer le plus grand nombre de parasites possibles dans un   temps réduit.

Ces molécules ne font pas partie de l’alimentation d’un herbivore et devrons donc être éliminé rapidement par les organes régulateurs du cheval.

L’agression provoquée par les vermifuges va provoquer une dissipation de toxines par les parasites dans l’organisme du cheval. Ce processus peut avoir lieu avec l’utilisation de plantes , mais dans une moindre mesure et sur une durée plus longue.

L’on estime que les molécules de synthèse se retrouvant dans le milieu sont une source de pollution pour les autres espèces comme certains insectes voir des mammifères (chiens).

 Comme on l’a dit, ces molécules sont très efficaces à court terme, mais quand est-il à long terme.

Certaines espèces de parasites comme les strongles existent en permanence chez le cheval.

L’utilisation d’un vermifuge de synthèse va permettre de tuer une grande partie de ces derniers.

Que constatons nous alors?

Une fois l’effet du vermifuge passé, les parasites vont revenir, mais ces parasites peuvent être d’une autre espèce. En effet, les parasites suivent les mêmes lois biologiques que l’ensemble du monde vivant. Il y a une concurrence entre parasites.

Nous pouvons donc craindre que certaines espèces de strongles soient remplacés par des ténias par exemple.

 L’effet sur la santé du cheval n’aura plus rien à voir.

De plus, l’on constate que l’immunité du cheval s’adapte en permanence aux parasites. Nous avons au final un équilibre en l’hôte et le parasite. Ce n’est pas le cas avec les molécules de synthèse, car les parasites savent évoluer et apprennent à résister face à ses molécules.

L’on parle donc de résistance parasitaire.

 La course aux nouveaux vermifuges est donc lancée. Le vainqueur ne fait aucun doute car le rapport bénéfice et investissement des laboratoires a une limite théorique alors que l’évolution des parasites est sans fin.

 Nous sommes donc dans une impasse.

 Un discours commercial est souvent tenu. Ce discours consiste à dire que nos chevaux vivent de plus en plus vieux et sont en meilleure santé que leurs ancêtres.

En réalité c’est tout l’inverse. Les problèmes de sur parasitisme n’ont jamais été aussi important même si on prend une population d’équidés ne souffrant aucunement de la faim.

Le nombre de colique n’a cessé d’augmenter ces dernières années.

Les protocoles de vermifugation se sont alourdis à l’extrême. Il faut maintenant un vrai budget vermifuge pour des résultats plus que médiocres.

 Ce sujet sur les vermifuges n’ a pas comme prétention d’être un texte scientifique et argumentatif sur une thèse donnée. C’est une simple constatation reconnue par le monde vétérinaire, mais qui n’a peu de poids face à des arguments commerciaux.